A la vue des rues qui grimpent encore à Potosi, Céline a le ventre noué... Elle se rassure en se disant que s'il y avait un problème, la largeur de la route qui est à double sens permettrait de faire un demi-tour... ou de se laisser descendre en marche arrière... La peur de Cusco reste bien ancrée.
 
Deux jours de route et la douane est là, à Villazon. Sentiment étrange de quitter ce pays qui nous a beaucoup plu d'un côté, et fortement agacé d'un autre. Nous savons que c'est le dernier pays que nous visitons avec ce style de vie si différent de la France. Voyager en Bolivie n'est pas toujours aisé en raison de tronçons de route difficiles, non asphaltés, et qui rendent l'accès à certaines zones compliqué. Il faudrait revenir dans quelques années pour explorer la partie ouest du pays, où nous n'avons pas pu nous rendre par manque de temps.
 
La Bolivie, c'est de très beaux paysages dans la Cordillère...
La Bolivie, c'est des pistes éprouvantes pour les nerfs et les suspensions...
La Bolivie, c'est un pays qui change...
La Bolivie, c'est les rives du lac Titicaca...
La Bolivie, c'est de l'artisanat coloré...
La Bolivie, c'est des pommes de terre à tout bout de champ !
La Bolivie, c'est cet immense désert blanc qu'est le salar, magnifique.
Potosi a été débloquée pendant notre escapade. Nous restons donc sur l'asphalte même si la distance est bien plus longue, pour sortir du pays en direction de l'Argentine. Nos suspensions se reposeront un peu. La ville garde les stigmates des affrontements, des pierres bloquent encore certains passages et des feux ont été allumés lors des manifestations. Le cerro rico, qui domine la ville, est une montagne creusée comme un gruyère, afin d'extraire de l'argent, et ce depuis l'arrivée des Espagnols. Les conditions de travail y sont encore très rudes, d'où les revendications des mineurs.
Après trois jours et trois nuits, nous regagnons la triste ville d'Uyuni à 90 kilomètres... Nous y faisons nettoyer entièrement la Brimobile, pour la "désaler" ! Au cours du lavage, Céline se rend compte que l'eau utilisée est... salée ! Elle interpelle le monsieur. Ils utilisent toujours de l'eau salée... Comment peut-on enlever du sel avec de l'eau salée ? Après quelques bidouillages et le sourire du monsieur en moins, la Brimobile est lavée, comme il se doit, à l'eau claire. Nous nous rendrons compte un peu plus tard que le klaxon ne fonctionne plus bien, la Brimobile a la voix cassée... à cause de l'eau qui est rentrée dans le mécanisme. Au marché, nous recroisons les Tsaga (famille à vélo rencontrée au Pérou) et passons un petit moment à discuter. Quel hasard !
Nous nous dirigeons vers l'île Pia-Pia où nous passons la nuit, totalement seuls. Le lendemain, c'est près de l'île Pescado que nous posons nos roues pour la nuit. Le salar... Avant d'y entrer, nous distinguons une ligne d'horizon toute blanche, l'excitation monte. Puis le blanc envahit tout. Des frissons nous parcourent. Seule la démarcation avec le ciel bleu est visible. Magique ! Envoûtant ! Blanc ! Les filles sont heureuses de prendre le volant et d'entendre craquer les pneus sur le sel. Le sol est craquelé de partout. Nous roulons des dizaines de kilomètres alors que les îles nous paraissent beaucoup plus proches. Une balade en trottinette sur le sel, c'est inédit ! Le salar se prête bien au jeu de photos amusantes. Alors nous jouons ! Et événement ! Candice perd une dent sur le salar ! Elle nous confie que c'était son rêve...
Au petit matin, rebelote, nous réalisons les démarches pour sortir du Chili et entrer en Bolivie. La frontière bolivienne est surréaliste. Nous sommes en plein désert, des carcasses de train sont à l'abandon, les bureaux des douaniers peu coordonnés. Nous nous lançons pour 200 km de vraie piste cette fois. Courage, au bout, il y a le salar ! Nous roulons entre 20 et 30 km/h en moyenne. En milieu d'après-midi, Uyuni est en vue. Nous passons la Brimobile au lavage, et surtout à l'application d'une couche protectrice du chassis contre le sel. Nous sommes fin prêts !
 
Le matin, avant de nous engager sur le désert blanc, nous décidons de relever nos mails en ville et d'acheter quelques fruits et légumes complémentaires pour ne pas être limités dans le temps sur le salar. Nous nous rendons devant le même hôtel que la veille, qui a accepté de nous donner son code wifi. Céline indique que nous pouvons nous garer à côté de l'homme en poncho, là-bas... Et l'homme en poncho, c'est Laurent ! Les Castagna au grand complet (avec la maman de Laurent) sont là, sur le trottoir ! Nous sortons rapidement et tout le monde se saute au cou ! L'euphorie ! Nous savions qu'ils étaient en excursion pour 3 jours avec une agence dans le sud Lipez et le salar, mais il y avait si peu de chances de se croiser. Leur camping-car est à La Paz. Nous profitons des deux heures qu'il leur reste à discuter, à nous raconter nos aventures. Quel bonheur !  Nous les retrouvons avec plaisir au début du salar et suivons leur 4x4 pour déjeuner ensemble. Puis une dernière fois à l'île Incahuasi... Nos routes se séparent. Nous nous reverrons en France !
Ce serait dommage de passer à côté du salar d'Uyuni... un immense désert de sel, l'équivalent de 2 départements français. Nous sommes tous motivés et nous engageons sur les 165 km de piste qui mènent de Calama à la frontière bolivienne. Côté chilien, les paysages sont absolument splendides : lagunes et flamands roses, montagnes, volcans. Arrêts photos fréquents ! Une partie de la route est asphaltée, ce qui nous soulage bien. Ollaguë est le village frontière, presque un village fantôme. Mais nous n'y croyons pas... il y a même le wifi ! Lorsque nous demandons des informations sur la piste en Bolivie ou le blocage de Potosi, les Chiliens et le douanier ne peuvent pas nous répondre, ils n'y ont jamais mis les pieds. Nous sentons l'hostilité vis à vis des Boliviens. Il faut reconnaître qu'un fossé sépare les deux pays. Sans compter le conflit toujours d'actualité au sujet de l'accès à la mer que la Bolivie a perdu suite à la guerre de 1879...
Arica est la première grande ville que nous traversons au Chili. La première chose qui nous saute aux yeux, ce sont les zones commerciales, les grands magasins en tous genres. Cela fait si longtemps que nous n'en avons pas vus autant. Peut-être depuis les Etats-Unis ? Les voitures sont plus luxueuses aussi. Au bout d'un moment, quelque chose n'est plus habituel : "Tu entends ? Il n'y a plus de klaxons !!!". Les conducteurs respectent les priorités, la conduite est plus reposante. Mais il va falloir à nouveau marquer un arrêt au panneau stop ! Nous n'avons plus l'habitude... Les mois précédents, nous ralentissions seulement, autrement c'était un coup de klaxon supplémentaire.
 
Cependant, un élément est commun suivant les pays traversés : les jeunes qui mettent la musique de leur voiture à fond, à 3h du matin, à quelques mètres du camping-car... Nous en faisons encore l'expérience épuisante à Arica, au bord de la mer...
 
Le nord du Chili est très désertique, les routes sont rectilignes et longues. Au départ d'Arica, la borne kilométrique indique "Ruta 5 – km 2050". Oups ! Un aller-retour nord-sud de la France pour à peine la moitié du Chili !
 
En quelques jours, nous arrivons à Pica, une oasis au milieu de cet environnement si aride. Des arbres fruitiers fournissent oranges, pamplemousses et clémentines en quantité. La mise à jour du Pérou n'est toujours pas terminée alors nous nous mettons à l'oeuvre et publions les derniers articles avant de reprendre la route. Les filles se font une copine, Valentina, qui est en vacances avec ses grands-parents. Ils nous proposent de leur rendre visite lors de notre passage à Santiago.
A 20 km de la douane, Franck interroge : "Les fruits et légumes au Chili, il n'y a pas de souci ?". Euh... Bonne question... C'est sûrement le pays le pire en matière de sécurité agro-alimentaire... Hors nous avions fait le plein de courses à Oruro la veille... Nous dissimulons tous nos achats (fruits, légumes, fromage, œufs, lentilles, miel, confiture...) dans la soute et les placards de vêtements... Et nous croisons les doigts.
 
Une très longue file de camions (2 km) patiente avant la douane. Tout comme les voitures, nous entreprenons de les doubler sur la file de gauche. Sauf que nous sommes un peu plus larges que les voitures ! Nous nous rabattons sur le bas-coté pour laisser passer les poids-lourds arrivant en face. L'un d'eux transportant une cargaison plus large se rapproche. Céline sort et guide Franck pour qu'il se gare au mieux sur le côté. Le camion se faufile dans l'étroit passage et se rabat alors que son chargement n'a pas encore dépassé la Brimobile... Il se rapproche dangereusement de nous... Céline n'a que le temps de retenir son souffle... Ca passe à moins de 10 cm. Elle voyait déjà l'angle arrière droit du camping-car arraché.
 
Nous traversons une première douane mais ce n'est pas ici que nous devons effectuer les démarches. Nous poursuivons sur une dizaine de kilomètres. Tous les bureaux sont réunis ici. Céline est très stressée à l'idée que les douaniers découvrent les aliments cachés... Les passeports sont tamponnés pour la sortie de la Bolivie, l'importation temporaire du véhicule est annulée. On respire et on se dirige "l'air de rien" vers les douanes chiliennes qui semblent fouiller activement les véhicules... L'immigration tamponne nos passeports. Nous remplissons un formulaire certifiant que nous ne transportons pas d'aliments non autorisés. A quatre reprises, les douaniers nous demandent si nous transportons des fruits et légumes ? Non, non... Puis vient le moment de la fouille... Le douanier nous invite à sortir nos valises pour les passer au scanner. Nous lui expliquons que nous n'avons pas de valise mais des placards, comme dans une maison. Son collègue entre et ouvre direct le frigo. Il tombe sur quelques carottes et de l'ail que nous avions volontairement laissés pour, nous l'espérions, limiter la fouille. Nous faisons mine d'être surpris et embêtés (pas très difficile pour Céline, vu le stress qu'elle tente de contenir...). Il ouvre ensuite tous les placards de la cuisine et chaque paquet, chaque boite, chaque sachet passe au peigne fin. Nous avions demandé aux filles de mettre un peu le bazar avec leurs jouets dans le couloir afin de freiner l'accès à la soute. Franck reste posté devant la petite porte et distrait un peu le douanier. Céline doit remplir un nouveau document pour l'importation temporaire du véhicule et demande conseil au douanier pour certains renseignements. Il ressort, les carottes et l'ail à la main et dit à Céline de ne pas s'inquiéter, que tout va bien. Elle se détend légèrement. Reste à faire les papiers complets pour le véhicule. Céline revient : "C'est bon ! Partons vite !!!". Le soir-même, nous lisons les récits d'autres voyageurs ayant vécu une fouille intégrale du véhicule, avec une amende pour certains ayant des produits interdits. Nous avons eu beaucoup de chance.
 
Un peu plus loin, nous trouvons le minuscule village de Parinacota en retrait de la route principale. Nous y passons une excellente nuit, bien calme.
A Oruro, petit tour au marché pour un gros plein de provisions, il nous faut tenir 5 jours environ entre la route et le salar. Les échanges avec les commerçants sont courtois depuis notre entrée dans le pays. D'autres voyageurs se sont sentis mal en Bolivie, notamment dans leurs rapports avec les habitants. Nous ne ressentons pas de différence majeure entre le Pérou et la Bolivie. Certains ne sont pas aimables et d'autres adorables.
 
Nous souhaitons maintenant remplir notre jerrican de 20 litres de diesel pour avoir un maximum d'autonomie si Potosi reste bloquée. L'approvisionnement en carburant est un sujet compliqué en Bolivie et les règles se renforcent. Les locaux paient 3,72 bolivianos le litre et les étrangers 8,88 bolivianos (1,17 eur le litre au taux de change de juillet 2015), soit près de 2,4 fois le prix des locaux... A certaines stations, il est possible de négocier. Il nous est arrivé une fois de payer le tarif local, d'autres fois 5 ou 6 bolivianos le litre. Mais à Oruro, impossible. Trois stations refusent de nous délivrer du diesel à un tarif inférieur que celui pour les étrangers. Il est parfois possible de se garer un peu plus loin et de venir chercher du carburant avec le jerrican seul (pas de preuve de plaque d'immatriculation), mais cela fonctionne de moins en moins, car c'est assimilé à l'usage de génératrices pour produire de la cocaïne... Sans compter que 10 litres par 10 litres, le réservoir de 80 litres est long à se remplir... De plus, en réglant en espèces, nous savons très bien que la marge va dans leur poche. Nous tentons d'expliquer que nous ne sommes pas des frontaliers qui viennent profiter du carburant subventionné par l'état bolivien, mais des voyageurs qui vivent dans le pays pendant plusieurs semaines et dépensent quotidiennement leur argent. Rien n'y fait. La colère monte. Nous en avons assez de nous battre et de passer pour des clandestins à chaque fois que nous avons besoin de diesel. Cap sur le Chili... Nous atteignons le parc de Sajama que nous ne visitons pas. Le volcan est majestueux.
En Bolivie, le réseau wifi n'est pas performant mais il est suffisant pour recevoir les mails. Et parfois, les nouvelles sont tristes. Un nœud au ventre. La gorge nouée. Nouvelle de France. Une adorable femme vient de nous quitter. Nous nous connaissions depuis quelques années seulement mais l'affection était forte. Bo-li-vie... C'est beau la vie.
 
La piste qui mène à Sucre n'est pas très bonne. Et si Potosi ne se débloquait pas, nous serions coincés. Nous revenons en arrière et prenons la direction d'Oruro. Nous sommes motivés pour faire les 200 km de piste qui contournent Potosi et accèdent au salar d'Uyuni. Mais avant, nous faisons une halte dans les thermes d'Obrajes qui nous relaxent. L'eau est très chaude et propre. A la fin, nous avons droit à un bain privé pour faire notre toilette ! Nous profitons de laver du linge à la main dans la chaude rivière. Nous passons deux nuits dans ce petit coin bien tranquille.
L'itinéraire change à nouveau, suite à nos discussions avec Gilles et Céline. Direction Cochabamba ! La route est jolie mais longue, dont une bonne partie en montagne. Nous arrivons à la nuit tombée au séminaire Bautista qui autorise les voyageurs à stationner sur leur parking. Il est toujours plus prudent d'être garé dans un lieu sécurisé en ville, l'endroit est donc parfait. Cochabamba est connue pour son immense marché. Impossible de dire les dimensions mais nous pouvons aisément nous y perdre ! Chaque rue offre un type de produits : la rue des vêtements, la rue des chaussures, celle des pneus ou encore des fruits et légumes. Après plusieurs heures à déambuler d'allée en allée, nous rentrons les bras chargés de produits frais.
Durant une nuit au camping, Coline vomit... Il est 1h45 du matin. Candice et Maëlys sont réveillées pour changer de place le temps d'ôter les draps. Nous les rinçons comme nous pouvons, les stockons dans la douche et demain il fera jour ! Et surtout nous aurons une machine à laver au camping, quelle chance !
 
Un grand supermarché au centre de La Paz, ça surprend au vu du décalage vis à vis de certaines classes de la population qui n'y ont probablement pas accès. Nous aimons faire nos courses ici ou là, presque quotidiennement. Mais parfois, nous avons besoin de certains produits que nous ne trouvons pas dans les tiendas ou les marchés. Alors une fois de temps en temps, nous y effectuons quelques achats, comme aujourd'hui avant de continuer notre route dans le pays.
 
Et on va où demain ??? Carte dépliée, nous étudions les possibilités. Potosi est toujours bloquée et cette ville est centrale sur les axes routiers. Partons vers le parc de Sajama, à la frontière du Chili, et nous reviendrons sur nos pas ensuite pour descendre vers Potosi, Sucre et le salar d'Uyuni.
 
Nous sommes sur le départ lorsqu'un camping-car français entre au camping ! Bla-bla-bla... bla-bla-bla... nous déjeunons avec Gilles, Céline et leur petite Sarah. Quel plaisir d'échanger avec eux ! L'après-midi passe et nous sommes toujours là... Nous dormons une nuit supplémentaire au camping et ne repartons que le lendemain. Dommage que leur route continue vers le nord... Nous rencontrons aussi une sympathique famille allemande parlant français. Chouettes moments !
Le dimanche après-midi, à El Alto, ont lieu des spectacles de lutte féminine en tresses et tenues traditionnelles, les luchas de cholitas. Nous ne savons pas trop à quoi nous attendre mais nous décidons d'aller voir. Départ en bus du centre de La Paz, une adorable guide qui parle même français nous accompagne. Nous prenons place face au ring après avoir pris notre sachet de pop-corn et une boisson (inclus dans le tour). Quelle surprise ! Quelle ambiance ! A chaque match, une "gentille" affronte une "méchante". Les filles se fondent dans le spectacle, crient, huent, jouent du pouce ! Nous sommes heureux de voir Juanita sur scène, c'est dans son agence que nous avons réservé nos billets, sans savoir qu'elle ferait partie de ce show qu'elle a créé ! A la fin, nous avons droit à une séance photos avec les cholitas. Un superbe souvenir !
Sur la Plaza Murillo, nous observons le palais présidentiel, le Congrès et la cathédrale, témoins d'épisodes sanglants dans le passé et de manifestations au présent... Des mineurs potosiens (de la ville de Potosi) manifestent dans la capitale depuis 2 jours et bloquent complètement l'accès à leur ville. Il nous faudra peut-être revoir notre itinéraire... Par ailleurs, notons sur cette place le lampadaire auquel le président Villarroel fut pendu en 1946. Mais aussi l'horloge inversée du parlement, pour contrer les pays du Nord qui imposent leurs pratiques aux états du Sud...
Nous visitons le petit musée d'instruments musicaux des Andes et y découvrons des instruments inconnus pour nous ! Les filles se plaisent à tester certains d'entre eux, à disposition des visiteurs.
Les dédales de ruelles nous emmènent vers le marché aux sorcières (mercado de las brujas) où des produits atypiques trônent sur les étals : poudres, herbes, fœtus de lama séché (que l'on enterre sous chaque nouvelle construction...), etc...
 
Deux jours avant notre venue dans la capitale, un personnage bien plus important s'est déplacé et s'est adressé aux Boliviens. Le pape Francisco, dont la photo est affichée partout pour l'occasion (panneaux, banderoles, etc...), est une icône importante pour ce peuple.
Nous nous installons au camping Oberland tenu par un Suisse. Le patron accepte de transvaser une bouteille de gaz bolivienne dans notre bouteille américaine, acte qu'il réalise régulièrement pour les voyageurs. Pourtant, le problème ne réside pas dans un quelconque adaptateur manquant, les embouts boliviens étant les mêmes que ceux américains. En fait, le gouvernement refuse de fournir du gaz (subventionné) aux étrangers... donc les usines refusent de remplir nos bouteilles. Evo Morales, le premier président indigène, initie de nombreux changements pour son pays. Cela semble aller dans le bon sens pour les habitants. Inversement, pour les touristes... c'est plus compliqué.
 
En colectivo, nous accédons facilement au centre-ville où nous nous baladons et achetons des souvenirs. La Paz est aussi le lieu où nous devons contracter une assurance pour le véhicule, pour le reste du voyage. L'assurance Illimani prépare les documents et nous devrons venir les récupérer le lendemain.
La Paz est construite dans un canyon et sur les flancs des montagnes, s'étageant de 3 200 à 4 000 mètres d'altitude. C'est la capitale la plus haute du monde (La Paz est la capitale administrative et le siège du gouvernement, Sucre est la capitale constitutionnelle).  Nous empruntons le téléphérique qui survole la ville, donnant un point de vue différent. C'est notamment de là-haut que nous pouvons constater que les différences sociales sont importantes en Bolivie... et que certains sont très aisés...
Notre objectif est d'atteindre l'aéroport de La Paz où nous espérons passer la nuit. Mais avant, il est nécessaire de traverser El Alto, la ville industrielle limitrophe de La Paz. Il y a beaucoup de monde et du trafic. Nous trouvons un stationnement et l'environnement n'est pas trop bruyant car il y a peu d'avions qui décollent ou atterrissent. Céline est un peu nauséeuse depuis le réveil, elle se repose donc un peu. Mais la nuit est longue et difficile, elle est malade pour de bon...
 
La route qui mène d'El Alto au sud de La Paz est chargée en voitures et piétons, ce qui crée des bouchons. Un carrefour est complètement paralysé, tout le monde klaxonne, tout le monde avance sans s'occuper de son voisin, tout le monde s'énerve. Un pauvre policier tente de siffler ici ou là mais rien ne se passe. Alors la Brimobile suit ses congénères, contourne les véhicules coincés, roule en sens interdit et se réengage quelques mètres plus loin !
Nous nous octroyons une pause-déjeuner et dégustons une truite du lac. Les femmes du restaurant sont fascinées par les filles, notre voyage et le camping-car. Nous faisons une petite visite guidée de notre "petit chez-nous" !
Désormais en VACANCES pour près de 2 mois, nous embarquons à bord de... d'une... ? De quelques planches en bois bien assemblées pour rallier le côté opposé du lac ! Ces frêles rafiots font la navette toute la journée pour transporter des bus, des camions, des voitures. Chacun attend son tour au bout d'un village désordonné. Des bus voguent déjà, alors la Brimobile devrait résister à cette traversée de 20 minutes. Ouf ! Nous reposons nos roues sur la terre ferme et roulons en direction de La Paz.
A Copacabana se déroule chaque jour la "bénédiction des voitures", devant la cathédrale. Les voitures sont décorées de fleurs, guirlandes et chapeaux. Appareil-photo à la main, nous assistons aux baptêmes, ahuris ! Un prêtre portant une casquette et muni d'une fleur en plastique, projette de l'eau bénite (sortie d'un seau...) sur la voiture et ses propriétaires. Un petit billet est glissé. Le véhicule est ensuite aspergé de bière ou de mousseux, pour fêter ça !
Nous progressons tranquillement, accédons aux ruines incas et prenons des photos. Les couleurs et contrastes sont de toute beauté, jouant avec les reflets de l'eau. Puis il faut presser le pas sur le sentier des Crêtes si nous ne voulons pas rater le bateau... Nous avons juste le temps de manger un petit sandwich avant de monter sur le bateau. Cette journée nous a beaucoup plu. Dommage que les sentiers piétons soient payants... au profit des communautés locales visiblement...
Le ciel bleu revient la journée et nous prenons le bateau pour rejoindre l'Isla del Sol, à deux heures de Copacabana. La légende raconte que le fils et la fille du Soleil, fondateurs de Cusco, seraient nés ici. Nous sommes déposés au nord de l'île et nous avons 4 heures pour rejoindre à pied le sud d'où le bateau nous ramènera au village. Nous montons sur les hauteurs et la vue est splendide ! Tout d'abord sur le lac qui nous semble être la mer tant il est grand, mais aussi sur la cordillère Royale et le mont Illimani (6 368 mètres) au loin.
Nous nous garons sur les rives du lac Titicaca, à quelques centaines de mètres du village que nous partons explorer de suite : ambiance zen pour ce village totalement décalé du reste de la Bolivie où de nombreux touristes séjournent. C'est donc ici que nous faisons une pause d'une semaine. Pour nous reposer et terminer l'école des filles ! Chaque jour est rythmé par quelques heures d'école puis une bonne balade dans le village ou les environs. Au fil du voyage, la fatigue nous gagne et nous avons de plus en plus de mal à nous lever le matin... Autant les premiers mois du voyage, nous mettions le réveil pour partir vers 8h – 8h30, autant maintenant, nous nous levons sans réveil à cette heure-là... Minimum ! Notre rythme change donc.
 
Le temps n'est pas très clément et une tempête de vent déchaîne même le lac au point de faire couler plusieurs bateaux. Franck prête main forte pour extraire l'un d'eux des eaux agitées. Au sein de la Brimobile, il fait froid et le vent s'insinue par toutes les ouvertures possibles, aussi petites soient-elles : nous mettons le chauffage matin et soir et dormons chaudement habillés sous nos couettes. Nous sommes à 3 800 mètres d'altitude, et comme ici tout est inversé, nous avons beau être au mois de juillet... c'est le plein hiver dans l'hémisphère sud !
Le passage de douane du côté Copacabana est réputé difficile en raison de la corruption des douaniers... Nous savons que d'autres voyageurs se sont vus demander une petite "contribution"... Céline est un peu sur la défensive, prête à arguer que nous savons pertinemment que nous n'avons rien à payer à l'entrée en Bolivie. Les douaniers sont allongés dans l'herbe, daignant à peine s'occuper de nous. Les documents sont remplis sans problème particulier. Mais avant de partir, il faut encore faire tamponner le document de la douane par un policier qui demande à Franck combien nous avons payé à l'entrée au Pérou ? "Rien, répond Franck, tout comme en Bolivie, n'est-ce pas ?". Le sujet est réglé, nous pouvons partir. Franck doit déplacer lui-même les plots oranges pour frayer un petit passage à la Brimobile qui roule déjà vers Copacabana.
C'est beau-li-vie ! Le Chili aussi !
du 03 juillet au 04 août 2015
3 282 kilomètres parcourus
 Le coin des enfants 
Chroniques de la Brimobile
 
Canada
En route !
A moi les grands espaces...
Une impression de déjà vu ? En plus grand...
 
Etats-Unis
Ma romance au pays des cowboys !
En piste...
Dernier clin d'oeil made in USA
 
Mexique
Enfin des vacances !
Et c'est reparti !
Une histoire d'enfer au paradis...
 
Amérique Centrale
Tremblera ou tremblera pas ?
 
Colombie
Les prémices de la Cordillère...
 
Equateur
Ca plane pour moi !
 
Pérou
Mes sept commandements
 
Bolivie
Le besoin
 
Argentine
Dernière ligne droite
ArgentineAvant le départ
4 mois avant le départ
J-100 jours...
J-40 jours !
Départ imminent !!!
 
Canada
Nos premiers pas
Du New Brunswick au Québec
Cap vers l'ouest canadien !
Les Rocheuses Canadiennes
Zoom sur notre périple
 
Etats-Unis
Wild Wild West...
Etre... ou paraître ?
Bouquet final : la Californie !
Zoom sur notre périple
 
Mexique
Playa, sol y... topes !
Les portes du pays aux mille couleurs
Une histoire sans fin...
 
Amérique centrale
La traversée du désert...
 
Colombie
Un nouveau souffle, tout en douceur
 
Equateur
Dépassons nos limites !
 
Pérou
Le Pérou... un cas ? Incas !
 
Bolivie
C'est beau-li-vie ! Le Chili aussi !
 
Argentine
La fin de l'hibernation gustative
 
Chili
Chili, tout le monde descend !!!
 
Argentine
Un p'tit dernier pour la route !
 
Le petit mot de la fin
La découverte des Amériques en 461 jours
visiteurs !
L'aventure, c'est ouvrir de nouvelles portes, la bouche fermée
et les yeux grands ouverts... (B. Kingsolver)
Contact 
 Liens  
 Vidéos 
Carnets de route 
Préparatifs 
La Brimobile 
Accueil